« Il fallait oser transposer les Méditations métaphysiques de Descartes au théâtre, et Cécile Falcon a le mérite de l’avoir fait, sans retenue et avec beaucoup de culot. La force et l’audace du projet porté par Cécile Falcon et Xavier Maurel est littéralement, d’incarner un texte qu’on connaît (ou pas) pour l’avoir lu mais jamais pour l’avoir écouté ainsi porté sur scène, grâce à une diction remarquablement claire qui fait entendre ou redécouvrir la beauté de cette langue cartésienne si particulière avec sa syntaxe minutieusement ciselée comme de la poésie classique du grand siècle. Au philosophe en effet qui doute au point d’envisager la possibilité de sa propre folie, qui s’assure de sa propre existence mais qui s’interroge sur sa nature profonde, elle offre donc son corps. Sans fausse pudeur, elle le montre, elle le fait danser, elle le fait trembler dans ses hésitations comme dans ses moments de plénitude, bref elle le fait vivre. Et elle fait tout cela sans cliché, d’une façon qui n’est ni scolaire ni dogmatique…
(…) Allant et venant au milieu de panneaux qui formeraient comme une cage aux fauves s’ils n’étaient translucides, la comédienne joue de toute sa sensualité pour livrer une étonnante performance visuelle à la fois troublante et philosophique, troublante parce que philosophique, autrement philosophique donc authentiquement philosophique…
(…) C’est un spectacle qui réussit à accomplir sur le plateau ce qui n’a cessé d’intriguer le philosophe toute sa vie, à savoir la subtile union de l’âme et du corps. »
Un article de Frédéric Manzini disponible sur le site regarts.org

©  Se non è vero...

  • w-facebook